Skip to content
1895

SUPPLIQUE

Henri BARBUSSE

C'est le jour triste qui se lève, Le long cauchemar s'est éteint. Je sens la pâleur du matin Et le brouillard frais à mon rêve.

C'est, comme une aube d'autrefois, Une candeur qui se révèle… Je te dis ma chanson nouvelle Elle est douce, comme tu vois.

Douce comme le matin blême Qui vient auprès de mon sommeil Me parler tout bas du soleil, Douce comme l'amour que j'aime,

L'amour, mystérieux glaneur Des bonnes choses qu'on prodigue, Qui vient, auprès de ma fatigue Me parler tout bas du bonheur.

Tout ce passé, tout ce passage D'hiver gris et de printemps bleu, Éloignons-nous qu'il dorme un peu. C'est quand ou dort que l'on est sage.

Dormons dans la maison en deuil ; Dans le grand silence des choses Nous verrons les aurores roses, Toi le bonheur et moi l'orgueil.

Laisse-moi le triste et long rôle. Oh longtemps, longtemps sous nos cieux Laisse ce rêve dans tes yeux Et la tête sur mon épaule.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SUPPLIQUE · Henri BARBUSSE · Poetry Cove