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1895

LA CONSOLATRICE QUI NE SAVAIT PAS

Henri BARBUSSE

Vous avez guéri ma souffrance Sans savoir ce qu'elle pleurait. L'amitié de votre présence A tant caressé mon secret !

Impassible, et pourtant si tendre, Vous parfumiez la vérité, M'offrant tout l'espoir sans m'entendre, Comme une fleur de charité.

Mon mal, rien n'a pu vous le dire Mais vos yeux étaient réchauffants Et malgré vous votre sourire Me donnait son baiser d'enfant.

Sur votre seuil plein de corolles, Le soir je suis resté parfois, Abandonné par vos paroles, Mais secouru par votre voix !

Oh ! quel destin sacré te pousse, Petit ange qui m'est venu, Toi dont la douceur est si douce Qu'elle console l'Inconnu !

Toi qui passas, penchée à peine Prés du pauvre, prés du pécheur, Et qui te mêlas à ma peine En gardant toute ta blancheur.

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