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RÉVEIL

Jules BARBIER

Ne me reproche pas ma démence d'une heure, Mes vains paradoxes d'un jour ; On se défend parfois de pleurer… et l'on pleure ; On aime… et l'on maudit l'amour.

C'est de mon propre cœur que j'ai fait raillerie, C'est moi que j'ai calomnié ; Dans mon horreur du sang, j'ai nié la patrie… J'adore ce que j'ai nié !

Le destin jusque-là souriait à nos armes ; Je ne croyais pas aux revers ; J'aurais cherché, pour fuir tant de maux et de larmes, Un antre au bout de l'univers !

J'étais comme la cendre où gît une étincelle ; Étranger devant nos succès, Je m'endors Le glas sonne et la France chancelle. Je me suis réveillé Français !

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