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1871

PROCLAMATION

Jules BARBIER

» Soldats confédérés, en entrant en campagne, » J'exprimai devant vous ma confiance en Dieu ! » — (Comme vous voyez, en tout lieu Le Dieu des combats l'accompagne.)

» — Notre cause était juste, et vos bras valeureux » N'ont pas déçu l'espoir que je fondais sur eux ! » — (Cinq contre un, s'il vous plaît, mon maître ! Vous l'avez oublié, peut-être ?)

» — Je vous rappelle Werth, Saarbruck, Beaumont, Strasbourg — (Quoi ! Strasbourg en ligne de compte ?) » — Sédan, Metz, qui devient par vous notre faubourg ! » — (Oui, la trahison et la honte !)

» — Chacun de ces combats a prouvé jusqu'ici » Que vous étiez les fils aimés de la victoire, » Et vous êtes restés dignes de votre gloire ! » — (C'est vrai ! nous te passons ceci.)

» — Vous avez conservé es vertus militaires » Qui doivent distinguer les soldats !… (Des notaires !… Comme qui dirait le viol. L'incendie et les fusillades,

Les assassinats et le vol, Le meurtre des blessés, des vieillards, des malades ; Les temples dévastés, les palais abattus, Les prisonniers tués en masse.

Des mourants, qui demandaient grâce, Brûlés, enterrés vifs !… Bref ! toutes les vertus !) » — Metz, en capitulant, nous livre de la France » Les derniers défenseurs, la dernière espérance ! »

— (Patiente un peu seulement ; Ta verras !… ) — « Je prends avantage De ce moment… » — (Veuillez excuser ce langage ; L'Allemand dans les mots brave le rudiment.)

» — Pour vous remercier, depuis le capitaine » Jusqu'au simple soldat. Tous vous l'avez prouvé, » Quelque soit l'avenir qui nous est réservé, » La victoire avec vous ne peut être incertaine ! »

— Cette chûte est heureuse et ne compromet rien. Telle est, fidèlement transcrite, La proclamation de ce prince hypocrite. Le texte est de son crû ; — les notes sont du mien.

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