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1871

PARIS

Jules BARBIER

Le soleil brille, tout est joie ! La gaîté rit dans tous les yeux ! Il semble qu'un rayon flamboie Dans les âmes et dans les cieux !

Le peuple, en habits de dimanche, Se répand sur les boulevards ; Sur la chaussée et sur la branche, Oiseaux et gamins sont bavards !

On entend, comme aux jours de foire, Les clochettes et les tambours ; Le grelot vous convie à boire ; La ville se mêle aux faubourgs.

Plus de garde qui s'effarouche D'un refrain qu'on entonne en chœur ; Les chants volent de bouche en bouche L'espoir vole de cœur en cœur !

Aux remparts, les hommes s'appellent « Amis ! » sans connaître leurs noms ; Les enfants aux canons se mêlent, La mère sourit aux canons !

On improvise une muraille, On bouleverse un grand chemin, On cause, on plaisante, on travaille Avec des serrements de main.

Un étranger surpris s'arrête, Et, voyant tant d'émotion, Demande : « Quelle est cette fête ?… » — C'est une révolution !

C'est un empire qui s'écroule ! C'est toi, liberté, qui reviens ! C'est la vengeance de la foule ! C'est Paris— devant les Prussiens !

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