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1871

NOTRE FRITZ

Jules BARBIER

J'avais épargné celui-là ; Je croyais que le fils, écœuré du carnage, Reniait son père Attila, Et que nos mœurs avaient adouci ce sauvage.

Erreur ! Celle qui l'enfanta L'a formé digne d'elle et digne de son père ; On sait que la douce Augusta Fit tuer l'autre jour un homme, en son repaire,

Pour avoir, d'un ton hasardeux Et dans l'emportement d'une aveugle tendresse, Reproché ses fils morts tous deux A l'impassible cœur de sa reine et maîtresse !

Le bon Fritz emboîte le pas ; Il fusille les gens qui se risquent à dire : « Notre Fritz ! »… Notre Fritz n'est pas D'humeur à plaisanter, et leur apprend à rire !

Il a de plus un bon ami, Bull-dog intelligent, dont les crocs se font fête De nous dévorer à demi ; En revanche sans doute on doit flatter la bête ;

(C'est du chien que je parle.) — Bref, Devant le sang versé pas un d'eux ne recule. Fritz est féroce de son chef ; Jusqu'ici notre Fritz n'était que ridicule !

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