Oui, monsieur, leurs femelles même
Encouragent ces chenapans,
Moitié tigres, moitié serpents,
Dans leur travail de Polyphême !
Une mère écrit sur ce thême
Que son fils s'est fait une loi
De ne rien épargner ; qu'il sème
La terreur au nom de son roi ;
Qu'il pille, saccage, et… ma foi !
Qu'il y prend un plaisir extrême !
Un plaisir extrême est charmant !
Ce mot seul vaut un long poème ;
Je le savoure lentement ;
Je le trouve à mon gré, je l'aime !
C'est léger comme un compliment,
Et précis comme un théorême.
Je vois ce fils couvert de sang,
Pour qui le meurtre est un système,
Suivi d'un regard caressant
Par celle à qui le Tout-Puissant
Donna la douceur pour emblême !
Tuer, voler… c'est ravissant !
Il y prend un plaisir extrême ! —
Madame, (il faut être poli,
Même devant un tel blasphême),
Tout sera bientôt accompli !
J'entends sonner l'heure suprême
Où votre roi, sous l'anathème
Des vivants, justiciers des morts,
Se courbera tremblant et blême,
Et n'aura plus pour diadême
Que l'épouvante et le remords !
Où sera votre fils, alors ?…
Avant le retour du carême,
Le Rhin va rouler bien des corps !
Il sera notre Sainte-Vehme,
Madame, et ces républicains,
Ces Français, a qui pour baptême
Vous donnez le nom de coquins,
Y prendront un plaisir extrême !