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1871

LES CASQUES

Jules BARBIER

C'est une nation militaire, voilà !… Le casque en est le fond : le casque en est le signe En habits de conquête, en habits de gala, La mode le protège, ainsi que la consigne.

La pointe en est superbe et menace les cieux ; Retournée à propos, elle lui sert de base ; Suivant l'occasion, ce casque audacieux Tiendra lieu de marmite… ou de tout autre vase.

Le Prussien naît et meurt, et son casque le suit ; Le fris donne une larme au casque de son père ; Le bourgeois, pour dormir, met son casque de nuit ; Sa moitié met le sien, et les deux font la paire.

L'amant offre à sa belle et son casque et son cœur ! Le casque lui mérite un baiser sur la joue ; S'il ose t'embrasser sans ce casque vainqueur, O Gretchen, tu rougis et tu lui fais la moue !

L'illustre homme d'état, voleur de nations, Qui, pour couvrir ses vols, méditait le carnage, A mûri lentement ses machinations, Sous un casque qui date au moins du moyen âge !

Guillaume, enfin, parmi ses officiers fringants, (J'ai de mes propres yeux vu ce tableau fantasque), Pour aller au théâtre, avait un frac, des gants ; Comme vous, comme moi… mais il avait son casque !

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