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1871

LE VOTE

Jules BARBIER

Pour guider nos destins dans leurs routes fatales. Le vote désormais doit remplacer les balles ; On le décrie en vain, la haine ou le mépris Ont vu ce qu'il peut-être aux urnes de Paris.

Je l'ai dit ; et je veux encore le redire, Je ne suis pas de ceux dont l'injuste satire Condamne aveuglément la cause avec l'effet ; Le suffrage n'est pas damnable ; est-il parfait ?

Un rayon de soleil le fit trop vite éclore. Ce n'était qu'un enfant ; il n'est pas homme encore : Et ses jeux, tour a tour humbles ou triomphants, Ont été ce que sont les jeux chez les enfants.

Donnez-leur un coursier fougueux, il les emporte Sans qu'à le refréner leur main soit assez forte : Ils tombent, pour avoir ignoré le péril. Si le vote, comme eux, n'a pas ce sang viril

Qui d'un cœur vigoureux descend dans chaque membre, Il vous donne la honte avec le deux Décembre ! Maintenant enseignez cet écolier nouveau ; Exercez sa vigueur ; nourrissez son cerveau ;

Faites-le conscient et maître de lui-même ; Qu'il soit avec le temps ce qu'un danger suprême En a fait pour un jour, et sa virilité Vous donnera l'honneur avec la liberté !

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