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1871

LE SCORPION

Jules BARBIER

Le scorpion, vilaine bête, Avec ses pinces et son dard, Ses six yeux autour de la tête. Et ses membres joints au hasard,

Se faufile, cherchant sa proie, Dans le sable et dans les cailloux ; Votre talon trouble sa joie, Il se redresse !… Garde à vous !

Pour fuir l'atteinte meurtrière Du monstre gonflé de poison, Il suffit d'un bond en arrière ; Ramassez alors à foison

Bruyères, sarments et broussailles ; Entassez-les autour de lui, Faites-en d’épaisses murailles, Avant que le monstre' n'ait fui ;

Une étincelle, et tout s'enflamme ! Le feu, montant de toute part, Oppose a l'animal infâme Un infranchissable rempart ;

Il cherche partout une issue, Et partout rencontre la mort ; C'est comme une flamme tissue Où vient se briser son effort.

Pour se rendre la mort plus brève, Alors, — c'est dans Pline l'Ancien, Il se pique lui-même et crève !… Le scorpion, c'est le Prussien !

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LE SCORPION · Jules BARBIER · Poetry Cove