Raisonnons froidement sans colère et sans phrase ;
La simple vérité n'a pas besoin d'emphase,
Et, pour la démontrer, j'ai seulement dessein
De comparer entre eux le prince et l'assassin.
Troppmann assurément n'était pas un saint homme.
Mais pour mourir si tôt qu'avait-il fait en somme ?
Il avait, méditant à loisir ses forfaits,
Par sept assassinats payé mille bienfaits,
Supprimé, pour se faire une aisance modeste,
Une famille entière, ainsi qu'eût fait la peste !
Je l'avoue humblement, ce n'est pas délicat.
Mais que dirons-nous donc alors du potentat ?
Examinons un peu le dossier de Guillaume.
Ce prince, pour s'en faire un modeste royaume,
Veut nous voler l'Alsace et la Lorraine ; bien !
De Troppmann aussitôt employant le moyen,
Il frappe nos cités, qui l'ont fêté naguère ;
L'hospice est une cible à ses engins de guerre ;
Jésus donne aux enfants, cette image de Dieu,
Sa crèche pour dormir… l'obus frappe au milieu !
Tropmann eût-il fait mieux, s'il eût été monarque ?
L'injustice est criante et digne de remarque :
On a guillotiné Troppmann ; et lui, ce roi,
On ne l'a pas encor guillotiné !… Pourquoi ?