O caporal vantard doublé de piétiste, Bismark, dernier espoir du vrai Bonapartiste, Que ton orgueil jaloux veuille nous rançonner, Voler, piller, brûler, tuer, exterminer,
Rien de mieux ! c'est le droit stupide de la guerre (Cela s'appelle un droit dans la langue vulgaire !) Qu'à la voix d'un tribun dont tu fis un martyr, Dont le nom dans tout cœur français va retentir,
Sur les vœux de ton roi réglant ta contenance, Tu laisses le champ libre à ton impertinence, Passe ! — un Prussien vainqueur est toujours malappris Que ton aveuglement jette à notre Paris
Cette insulte qu'avant trois jours la populace T'en livrera les clés et te rendra la place, Soit !… Il te montrera, ce peuple de bandits. Qu'il est la France et non la plèbe que tu dis !
j'excuse ta sottise et je comprends ta joie ; — Mais que sur ce Paris ton âme s'apitoie, Que ta bonté lui vienne annoncer ses malheurs ©ans un mémorandum inondé de tes pleurs ;
Que tu trembles, sachant le point où nous en sommes, De voir bientôt la fait» nous tuer cent mille hommes. (Mettons-en deux cent mille en comptant les enfants, Que l'étreignant, enfin, dans tes bras étouffants,
De tes propres méfaits tu charges ta victime, Et que d'un droit sacré tu lui fasses un crime, En vérité, Bismark, c'est trop !… Un plus malin N'aurait pas confondu Paris avec Berlin !
Va, bonne âme ! fais taire un sanglot inutile, Et garde pour les tiens ces pleurs de crocodile ! Tu ne sais pas encore, ô brigand doucereux, A quoi ces meurt-de-faim se préparent entre eux !
Ta pitié !… Franchement cela vaut qu'on en rie ! La Prusse est— elle donc une ménagerie ? Rien est-il plus méchant que ces animaux-là ? Le maître est Attila ! Le valet, Loyola !
Et là-dessus, tu vas te croire un grand ministre, Un Richelieu Prussien ?… O Bobèche sinistre !… En vain tu fais appel à la postérité ; De 1 Allemagne en vain poursuivant l'unité,
Tu veux ressusciter le rêve d'un autre âge, Un' avenir prochain brisera ton ouvrage ; Ton édifice entier, par les flots assailli, Pierre à pierre dissous, tombera dans l'oubli ;
L’œuvre de liberté, fondant la multitude Des nations, tûra l’œuvre de servitude ; Et peut-être qu'alors les murs de Sans-Souci Diront seuls a tes fils : La Prusse fut ici !…
Pour toi, renouvelant la légende incertaine. Tu feras oublier l'ancien Croquemitaine, Et le nom de Bismark, a propos employé, Suspendra les fureurs de l'enfant effrayé !
Enchâssons, cependant, cette larme qui tombe ; J'en veux faire une perle, en gravant sur ta tombe, (A ne te point mentir, le plus tôt est le mieux ; La simple inscription que je mets sous tes yeux :
« Ci-gît, chargé de jours dont au ciel il rend compte, » Haut et puissant Seigneur, Bismark, ministre et comte. » Qui, dans l'enivrement même de ses succès. » Fut sensible, et pleura sur le sort des Français ! »
Cookies on Poetry Cove