Quelle réaction ? de quoi me parlez-vous ?… — Des Bonapartistes en France ?… Où donc ?… à l'hôpital des fous ?… Non, vous dis-je ; vaine apparence !
Non ! je ne croirai pas qu'un Français, en plein jour… Du bon sens jusque là s'écarte Qu'il puisse rêver le retour De la honte et de Bonaparte !
Pas même parmi ceux qui l'ont servi !… j'admets. Leur sincérité, quoique folle ! Mais Sédan les a pour jamais Relevés d'un serment frivole !
Quoi ! ruinés, trahis, livrés à l'étranger. Assassinés pour ce vampire, Nous pourrions encore songer A replacer debout l'empire !…
Paysans, ouvriers, bourgeois, n'oubliez pas. Que ce fléau de la patrie A pris votre or pour ses galas. Et vos fils pour la boucherie ! —
Je ne suis pas de ceux, je m'en accuse ici, De qui la généreuse audace, Quand il régnait, a pris souci De regarder le monstre en face.
Sans être indifférent à ces mâles vertus, Je détournais les yeux, en somme ; Mais, pour ne pas être un Brutus, Je n'en suis pas moins honnête homme !
Et je crois, Dieu puissant ! que, si d'un coup de main On le ramenait dans son bouge, Je m'envelopperais demain, Moi-même, aux plis du drapeau rouge !…
Non ! vision ! démence oubliée aujourd'hui ! Je m'insurge contre un fantôme ! Il n'a de partisans que lui !… Peut-être Bismark et Guillaume !
Mais un Français ?… allons, je ne crois pas cela ; Je ne le croirai de ma vie !…— S'il en est un, que celui-là L'ose dire !… je l'en défie !
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