Hélas ! on était convaincu
Que Moltke était mort ; il respire !…
Or, voici ce qu'il vient de dire :
« Pas un fusil, pas un écu,
» Rien, pas même une sarbacane,
» A la France ne restera ;
» Nous lui laisserons une canne
» Dont elle se pavanera ! »
— Une canne ! quelle imprudence,
Maréchal ! vous n'y songez pas !
Elle peut battre la cadence
Et vous faire changer le pas !
Pour qui veut s'en donner la peine
Les cannes ont plus d'un emploi ;
A la France républicaine
Il n'en faut pas plus, croyez-moi,
Pour administrer à la Prusse,
Sans oublier personne, — fût-ce
Guillaume-le-Victorieux,
Sa cour de rois, un peu mêlée,
Bismark, et vous-même avec eux, —
La plus effroyable volée
Qui jamais ait frotté le dos
De la valetaille et des sots !