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1871

LA CANNE

Jules BARBIER

Hélas ! on était convaincu Que Moltke était mort ; il respire !… Or, voici ce qu'il vient de dire : « Pas un fusil, pas un écu,

» Rien, pas même une sarbacane, » A la France ne restera ; » Nous lui laisserons une canne » Dont elle se pavanera ! »

— Une canne ! quelle imprudence, Maréchal ! vous n'y songez pas ! Elle peut battre la cadence Et vous faire changer le pas !

Pour qui veut s'en donner la peine Les cannes ont plus d'un emploi ; A la France républicaine Il n'en faut pas plus, croyez-moi,

Pour administrer à la Prusse, Sans oublier personne, — fût-ce Guillaume-le-Victorieux, Sa cour de rois, un peu mêlée,

Bismark, et vous-même avec eux, — La plus effroyable volée Qui jamais ait frotté le dos De la valetaille et des sots !

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