La flamme se propage et s'étend ; l'incendie
Menace de tout embraser !
L'Europe voit surgir une race hardie,
Qui semble prête à l'écraser !
Du Danube au Dniéper, de la Tamise au Tibre,
Courent des oscillations ;
La chûte de la France emporte l'équilibre
Qui soutenait les nations !
O vous qui demeuriez, sous d'inutiles armes,
Les froids témoins de ses malheurs,
Comprenez-vous, enfin, que de vos propres larmes
Il vous faudra payer ses pleurs ?
Tout se rompt, tout s'ébranle !… au gré de la tempête,
Tout l'édifice est emporté !…
Peuples, comprenez-vous que la France est la tête
Et le cœur de l'humanité ?
Telle, quand le soleil s'éclipse et sur le monde
Cesse de répandre le jour,
La nature s'émeut d'une angoisse profonde.
Dans l'attente de son retour.
Tout dépérit, tout meurt ; la vie et la lumière
Semblent disparaître à la. fois
Les fauves seulement sortent de leur tanière,
Et rugissent au fond des bois !
Sur la terre, plongée en des ombres funèbres.
Règne un effroi silencieux,
Jusqu'au moment où l'astre, émergeant des ténèbres,
Reprend possession des cieux. !
Tout se ranime alors : la nature oppressée
Renaît ainsi qu'elle expira… —
Soleil des nations, la France. est éclipsée !…
Peuples, l'éclipse passera !