Skip to content
1871

DE PROFUNDIS

Jules BARBIER

Va, plans le pays qui se nomme La France ! répands ta douleur Sur l'inévitable malheur Qui va nous écraser ; — pauvre homme !

Ne sais-tu donc pas que jamais Ce peuple, en ses élans sublimes, N'est plus près d'atteindre aux sommets Que quand il est dans les abîmes ?

Il est vrai : tu vois sous ses pas S'accumuler tous les désastres. Lève tes yeux ! ne vois-tu pas Son front qui plane dans les astres…

Que veux-tu ? Dieu l'a fait ainsi ; Tu peux relire son histoire : Ou d'autres demandent merci, Celui-là sonne la victoire ! —

Oui, d'un million de bandits Le flot menaçant l'enveloppe ; Tous les sacristains de l'Europe Entonnent son de profundis !

L'une après l'autre on extermine Nos provinces et nos cités ; Paris, étreint par la famine, Met le comble aux calamités ;

L'élu de Dieu, Guillaume, invite Ses confrères à venir voir Comment il va faire pleuvoir Le pétrole, son eau bénite !…

Eh bien, vois si mon cœur est plein D'une démence enracinée ! La ville à mes yeux condamnée, Ce n'est pas Paris !… c'est Berlin !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
DE PROFUNDIS · Jules BARBIER · Poetry Cove