Va, plans le pays qui se nomme
La France ! répands ta douleur
Sur l'inévitable malheur
Qui va nous écraser ; — pauvre homme !
Ne sais-tu donc pas que jamais
Ce peuple, en ses élans sublimes,
N'est plus près d'atteindre aux sommets
Que quand il est dans les abîmes ?
Il est vrai : tu vois sous ses pas
S'accumuler tous les désastres.
Lève tes yeux ! ne vois-tu pas
Son front qui plane dans les astres…
Que veux-tu ? Dieu l'a fait ainsi ;
Tu peux relire son histoire :
Ou d'autres demandent merci,
Celui-là sonne la victoire ! —
Oui, d'un million de bandits
Le flot menaçant l'enveloppe ;
Tous les sacristains de l'Europe
Entonnent son de profundis !
L'une après l'autre on extermine
Nos provinces et nos cités ;
Paris, étreint par la famine,
Met le comble aux calamités ;
L'élu de Dieu, Guillaume, invite
Ses confrères à venir voir
Comment il va faire pleuvoir
Le pétrole, son eau bénite !…
Eh bien, vois si mon cœur est plein
D'une démence enracinée !
La ville à mes yeux condamnée,
Ce n'est pas Paris !… c'est Berlin !