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1831

MICHEL-ANGE

Auguste BARBIER

Que ton visage est triste et ton front amaigri, Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre ! Nulle larme jamais n'a baigné ta paupière : Comme Dante, on dirait que tu n'as jamais ri.

Hélas ! D'un lait trop fort la muse t'a nourri, L'art fut ton seul amour et prit ta vie entière ; Soixante ans tu courus une triple carrière Sans reposer ton cœur sur un cœur attendri.

Pauvre Buonarotti ! Ton seul bonheur au monde Fut d'imprimer au marbre une grandeur profonde, Et puissant comme Dieu, d'effrayer comme lui : Aussi, quand tu parvins à ta saison dernière,

Vieux lion fatigué, sous ta blanche crinière Tu mourus longuement plein de gloire et d'ennui.

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