Skip to content
1881

VERS DE NEUF SYLLABES,

Théodore BANVILLE

En proie à l’enfer — plein de fureur, Avant qu’à jamais — il resplendisse, Le poëte voit — avec horreur S’enfuir vers la nuit — son Eurydice.

Il vit exilé — sous l’œil des cieux. Les fauves lions — avec délire Écoutent son chant — délicieux, Captifs qu’a vaincus — la grande Lyre.

Le tigre féroce — avait pleuré, Mais c’était en vain, — il faut que l’Hèbre Porte dans ses flots — mort, déchiré, Celui dont le nom — vivra célèbre.

Puis divinisé — par la douleur, À présent parmi — les Dieux sans voiles, Ce charmeur des bois, — cet oiseleur Pose ses pieds blancs — sur les étoiles.

Mais l’ombre toujours — entend frémir Ta plainte qui meurt — comme étouffée, Et tes verts roseaux — tout bas gémir, Fleuve qu’a rougi — le sang d’Orphée !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VERS DE NEUF SYLLABES, · Théodore BANVILLE · Poetry Cove