En proie à l’enfer — plein de fureur,
Avant qu’à jamais — il resplendisse,
Le poëte voit — avec horreur
S’enfuir vers la nuit — son Eurydice.
Il vit exilé — sous l’œil des cieux.
Les fauves lions — avec délire
Écoutent son chant — délicieux,
Captifs qu’a vaincus — la grande Lyre.
Le tigre féroce — avait pleuré,
Mais c’était en vain, — il faut que l’Hèbre
Porte dans ses flots — mort, déchiré,
Celui dont le nom — vivra célèbre.
Puis divinisé — par la douleur,
À présent parmi — les Dieux sans voiles,
Ce charmeur des bois, — cet oiseleur
Pose ses pieds blancs — sur les étoiles.
Mais l’ombre toujours — entend frémir
Ta plainte qui meurt — comme étouffée,
Et tes verts roseaux — tout bas gémir,
Fleuve qu’a rougi — le sang d’Orphée !