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1878

Ta Voix

Théodore BANVILLE

J'aime ta voix, jamais je ne m'en rassasie. Ma mère, ton regard, plus doux que l'Orient Tout enfant, me faisait rêver la poésie, Et tu m'as entr'ouvert les cieux, en souriant !

Si la forêt m'accueille en ses gorges hautaines, Je te l'ai dû ; c'est toi, mère, qui m'as appris A m'enivrer du chant rhythmique des fontaines, Songeur de la nature et des cimes épris !

Je savais les doux mots que notre esprit savoure ; Mais pour charmer ce peuple attentif près de nous, C'est toi qui m'as donné ton âme et ta bravoure ! Embrasse encor ton fils qui pleure à tes genoux.

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