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1884

Reine-Blanche

Théodore BANVILLE

La Reine-Blanche est morte. Un vent de glace emporte Et disperse à l'entour Son vieil amour.

O paradis terrestre ! Épouvantable orchestre Qui même effarouchas Les pauvres chats !

Phrase cruelle et nette, Que dit la clarinette, Ou que nous dépistons Dans les pistons !

Saladiers sans emphase, Où l'on buvait l'extase Avec le flot sacré Du vin sucré !

Alphonses, divins mâles ! Robes de femmes pâles Collant comme un linceul ! Cavalier seul !

Sous le gaz noir qui flambe, Irma levant la jambe En l'air, et montrant son Nez polisson !

Femmes parfois gelées Qui dansiez, flagellées Par le fouet triste et fou D'un dieu voyou !

Chœur plein de mille rages Qui, parmi des orages Assez souvent décrits, Poussais des cris !

Ton orgie indocile Étant sans domicile, Suis la brise et l'autan. Adieu, va-t'en.

Laisse ton pauvre vice Déjà hors de service Et pratique, si tu Peux, la vertu !

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