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1861

Printemps d'Avril

Théodore BANVILLE

Ma mie, à son toit fidèle, La frétillante hirondelle Revient du lointain exil. Déjà le long des rivages

S'égaie un sylphe subtil, Qui baise les fleurs sauvages : Voici le printemps d'Avril ! C'est le moment où les fées,

De volubilis coiffées, Viennent, au matin changeant, Sur le bord vert des fontaines, Où court le flot diligent,

Charmer les biches hautaines De leurs baguettes d'argent. Elles dansent à l'aurore Sur l'herbe, où les suit encore

Un troupeau de nains velus. Ne va pas, enfant sereine, Au fond des bois chevelus ; Elles te prendraient pour reine,

Et je ne te verrais plus !

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