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1846

Pour mademoiselle ***

Théodore BANVILLE

Amours des bas-reliefs, ô Nymphes et Bacchantes, Qui, sur l'Ida nocturne, au bruit d'un tambourin, Les fronts échevelés en tresses provocantes, Dansiez en agitant vos crotales d'airain !

Vous, plus belles déjà que ces filles du Pinde, Bayadères d'ébène aux bras purs et nerveux, Qui bondissez sans bruit sur les tapis de l'Inde ! Avec des sequins d'or passés dans vos cheveux !

Elssler ! Taglioni ! Carlotta ! sœurs divines Aux corselets de guêpe, aux regards de houri, Qui fouliez, en quittant le gazon des collines, Le splendide outremer des ciels de Cicéri !

O reines du ballet, toutes les trois si belles ! Qu'un Homère ébloui fera nymphes un jour, Ce n'est plus vous la Danse, allons, coupez vos ailes ! Éteignez vos regards, ce n'est plus vous l'Amour !

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