Le mur lui-même semble enrhumé du cerveau. Bocage a passé là. L'odéon, noir caveau, Dans ses vastes dodécaèdres Voit verdoyer la mousse. Aux fentes des pignons
Pourrissent les lichens et les grands champignons Bien plus robustes que des cèdres. Tout est désert. Mais non, suspendu, sans clocher, Le grand nez de Lucas fend l'air comme un clocher.
Trop passionné pour Racine, Un pompier, dont le dos servait de point d'appui À ce nez immoral, sans doute comme lui Dans le sol avait pris racine.
Ah ! Dit Mauzin touché de pareilles vertus, Poëte, pour calmer ces affreux hiatus Dont eût rougi même un cipaye, Et pour te voir tordu par ce rire usité
Chez les hommes qu'afflige une gibbosité, Dis, que veux-tu que je te paye ? Que faut-il pour te voir plus gai que Limayrac ? Veux-tu que je t'apporte une cruche de rack ?
Dis, que te faut-il pour que rie Ta prunelle d'azur, pareille à des saphirs, Et pour voir tes cheveux s'envoler aux zéphyrs Comme les crins de Vacquerie !
Qui pourrait dissiper ton noir abattement ? Te faut-il les gants bleus de monsieur nettement, Ou ce chapeau qui vient de Tarbe, Le chapeau d'Almanzor, cet homme si barbu,
Qu'un barbier peut à peine, à moins d'avoir trop bu, En quatre ans lui faire la barbe ! Pour sourire veux-tu le casque du pompier, Plus brillant qu'un bonbon plié dans son papier
Ou que l'argent d'une timbale ? Que veux-tu, rack, gants, feutre ou casque fait au tour ? — hélas ! Vieux, dit Lucas, dit l'homme au nez d'autour, Il me faudrait une autre balle !
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