Skip to content
1878

Nous voilà tous

Théodore BANVILLE

Mère, nous voilà tous, moi ton fils, qui te fête, Et celle qui pour moi Dieu lui-même avait faite, Et l'enfant adoré qui porte dans ses yeux Un monde qui s'agite, encor mystérieux,

Et toi, tu nous bénis, o ma chère nourrice ! O mère, que toujours l'espoir en toi fleurisse ! Nous ne sommes pas seuls à baiser doucement Ta tête calme où luit comme un éclair charmant.

Car lorsque dans le ciel grandit l'aube vermeille, Le murmure étouffé de tout ce qui s'éveille Court sur les arbres nus et sur les claires eaux. L'air est plein du frisson des ailes des oiseaux

Et des âmes des morts et du souffle des Anges ; Celui vers qui toujours monte un flot de louanges Et qui de nos douleurs a fait des voluptés, Nous dit alors tout bas : Voici l'heure. Écoutez.

Et plus faibles qu'un vol d'abeilles sur les mousses, Nous entendons les voix qui nous semblaient si douces Jadis ; car rien ne meurt, la tombe n'a rien pris De la clarté sereine et pure des esprits,

Et Dieu, qui les créa dans leur splendeur première, N'a pas fait du néant avec de la lumière.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Nous voilà tous · Théodore BANVILLE · Poetry Cove