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1857

Le Vin de l'Amour

Théodore BANVILLE

Accablé de soif, l'Amour Se plaignait, pâle de rage, A tous les bois d'alentour. Alors il vit, sous l'ombrage,

Des enfants à l'œil d'azur Lui présenter un lait pur Et les noirs raisins des treilles. Mais il leur dit : Laissez-moi,

Vous qui jouez sans effroi, Enfants aux lèvres vermeilles ! Petits enfants ingénus Qui folâtrez demi-nus,

Ne touchez pas à mes armes. Le lait pur et le doux vin Pour moi ruissellent en vain : Je bois du sang et des larmes.

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