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1861

Le Rossignol

Théodore BANVILLE

Vois, sur les violettes Brillent, perles des soirs, De fraîches gouttelettes ! Entends dans les bois noirs,

Frémissants de son vol, Chanter le rossignol. Reste ainsi, demi-nue, A la fenêtre ; viens,

Mon amante ingénue ; Dis si tu te souviens Des mots que tu m'as dits, Naguère, au paradis !

La lune est radieuse ; La mer aux vastes flots, La mer mélodieuse Pousse de longs sanglots

De désir et d'effroi, Comme moi ! comme moi ! Mais non, tais-toi, j'admire, A tes genoux assis,

Ta lèvre qui soupire, Tes yeux aux noirs sourcils ! C'était hier ! je veux Dénouer tes cheveux.

O toison ! ô parure Que je caresse encor ! Non, tu n'es pas parjure, Ma belle aux cheveux d'or,

Mon ange retrouvé ! J'étais fou. J'ai rêvé.

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