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1861

Le Charme de la voix

Théodore BANVILLE

Quand s'élancent leurs strophes d'or, Il faut aux Odes qu'on admire, Pour leur faire prendre l'essor, Les instruments et leur délire.

Mais toi, mais toi, tu peux les lire ! Car la Muse t'aime, et tu vois Qu'elle n'a plus besoin de lyre Avec les chansons de ta voix.

Ta grave, ta charmante voix, Pure comme un cristal féerique, Est parfois si douce ! et parfois Brûlante comme un vent d'Afrique.

Telle, à son rhythme symétrique Prêtant les colères des Dieux, Sappho, la déesse lyrique, Parlait aux flots mélodieux.

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