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1888

Landrol

Théodore BANVILLE

Landrol, ô deuil ! terreur ! extase ! O Koning ! Landrol est resté Quarante ans, et plus, au Gymnase. O noir destin ! sort détesté !

A présent, son pauvre cœur tremble. Inquiet, prêt à se troubler, Ce martyr murmure : Il me semble Que je voudrais bien m'en aller.

Mais Scribe, qu'un laurier décore, Apparaît dans les airs flottants Et dit à Landrol : Reste encore. Landrol répond : Combien de temps ?

Mais, blêmi par de tristes rages, Scribe prend un air solennel. Et l'on voit passer des orages Sur le front de ce colonel.

Des Cunégondes et des Thècles Passent, mystérieux témoins, Dans ses yeux clairs. — Trois mille siècles, Dit-il. Ou quatre. Plus ou moins.

Landrol dit : Mais quoi ! la vallée Frissonnante de Josaphat Délivrera mon âme ailée. Mais feu Scribe lui répond : Fat !

Quand on résiste, je m'obstine, Et dans l'infini radieux Tu joueras Michel et Christine Après la mort de tous les Dieux !

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