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1874

La Princesse Borghèse

Théodore BANVILLE

Le précieux joyau de la famille corse, La princesse Borghèse est nue, et le sculpteur Voit jaillir devant lui, comme un lys enchanteur, Ce jeune corps, brillant de jeunesse et de force.

Les seins en fleur, les plans harmonieux du torse Le ravissent, et la lumière avec lenteur Vient baigner d'un rayon subtil et créateur Les pieds charmants, posés sur un tapis d'écorce.

Et la nymphe que fait renaître Canova, C'est Pauline, effaçant l'idéal qu'il rêva, Mais c'est aussi Vénus, la grande enchanteresse. Car l'Artiste enivré d'accords mélodieux,

S'il lui plaît, anoblit le sang d'une princesse Et la mêle vivante à la race des Dieux.

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