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1884

La Princesse

Théodore BANVILLE

La princesse en sa robe d'or, Belle et jeune comme les Anges, Prête l'oreille, et laisse encor Venir les diseurs de louanges.

Elle écoute d'un air distrait Les madrigaux de ces Narcisses ; Mais, dans son âme, elle voudrait Passer à d'autres exercices.

Et tout bas, triste en cette cour Où l'on n'a pas le mot pour rire, Où le bon friturier Amour Ne trouverait pas de quoi frire,

De ses lèvres où le baiser Jouerait si volontiers son rôle, Elle murmure : Oh ! m'amuser ! Vivre une heure ! Entendre un mot drôle !

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