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1881

LA MONTAGNE

Théodore BANVILLE

Sur les bords de ce flot céleste Mille oiseaux chantent, querelleurs. Mon enfant, seul bien qui me reste, Dors sous ces branches d’arbre en fleurs.

Mille oiseaux chantent, querelleurs. Sur la rivière un cygne glisse. Dors sous ces branches d’arbre en fleurs, Ô toi ma joie et mon délice !

Sur la rivière un cygne glisse Dans les feux du soleil couchant. Ô toi ma joie et mon délice, Endors-toi, bercé par mon chant !

Dans les feux du soleil couchant Le vieux mont est brillant de neige. Endors-toi bercé par mon chant, Qu’un dieu bienveillant te protège !

Le vieux mont est brillant de neige, À ses pieds l’ébénier fleurit. Qu’un dieu bienveillant te protège ! Ta petite bouche sourit.

À ses pieds l’ébénier fleurit. De brillants métaux le recouvrent. Ta petite bouche sourit. Pareille aux corolles qui s’ouvrent.

De brillants métaux le recouvrent, Je vois luire des diamants. Pareille aux corolles qui s’ouvrent, Ta lèvre a des rayons charmants.

Je vois luire des diamants Sur la montagne enchanteresse. Ta lèvre a des rayons charmants, Dors, qu’un rêve heureux te caresse!

Sur la montagne enchanteresse Je vois des topazes de feu. Dors, qu’un songe heureux te caresse. Ferme tes yeux de lotus bleu !

Je vois des topazes de feu Qui chassent tout songe funeste. Ferme tes yeux de lotus bleu Sur les bords de ce flot céleste !

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