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1884

La Mode

Théodore BANVILLE

Oh ! les beautés au chaste front ! Tout est bien, si tout est pour elles. Les robes, cette année, auront Des franges de fleurs naturelles.

Rien n'est plus fier que les satins ; Mais on complétera le charme Et la gloire de leurs destins, Par des violettes de Parme.

Puis on mêlera, pour changer Des coutumes enfin usées, Les lilas aux fleurs d'oranger, Sur le voile des épousées.

Une adroite et savante main Garnira les robes, de roses, Et les corsages, de jasmin. C'en est fait des pierres moroses.

Allez vous cacher, diamants, Saphirs, chrysoprases, topazes ! Ce ne sont plus vos feux dormants Qui nous jettent dans les extases.

On verra des fleurs en collierOn verra des fleurs en collier Qui sur la chair viendront éclore,Qui sur la chair viendront éclore, Et des touffes, sur le soulier.Et des touffes, sur le soulier. Flore sera la joaillière.Flore sera la joaillière.

Des fleurs sur le front, sur les bras ! Chaque femme sera fleurie. C'est ainsi que tu reviendras, Toute consolée et guérie,

Du haut du ciel aérien, Simplicité que nous lésâmes. Chez nous on ne verra plus rien D'artificiel, — que les âmes !

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