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1875

La Danseuse

Théodore BANVILLE

Salomé, déjà près d'accomplir son dessein, Sous ses riches paillons et ses robes fleuries Songeait, l'œil enchanté par les orfèvreries Du riant coutelas vermeil et du bassin.

Sa chevelure éparse et tombant sur son sein, La Danseuse au front brun, parmi ses rêveries, Regardait le soleil mettre des pierreries Dans les caprices d'or au fantasque dessin,

Mêlant la chrysoprase et son fauve incendie Au saphir, où le ciel azuré s'irradie, Et le sang des rubis aux pleurs du diamant, Comme c'est votre joie, ô fragiles poupées !

Car vous avez toujours aimé naïvement Les joujoux flamboyants et les têtes coupées.

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