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1857

La Colombe Blessée

Théodore BANVILLE

O colombe qui meurs dans le ciel azuré, Rouvre un instant les yeux, mourante aux blanches ailes ! Le vautour qui te tue expire, déchiré Par des flèches mortelles.

Va, tu tombes vengée, ô victime, et ta sœur Peut voir, en traversant la forêt d'ombre pleine, L'oiseau tout sanglant pendre au carquois d'un chasseur Qui passe dans la plaine.

Le jeune archer, folâtre et chantant des chansons, Passe, sa proie au dos, par les herbes fleuries, Laissant déchiqueter par les dents des buissons Ces dépouilles meurtries.

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