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1867

L'ENAMOURÉE

Théodore BANVILLE

Ils se disent, ma colombe, Que tu rêves, morte encore, Sous la pierre d'une tombe : Mais pour l'âme qui t'adore,

Tu t'éveilles ranimée, Ô pensive bien-aimée ! Par les blanches nuits d'étoiles, Dans la brise qui murmure,

Je caresse tes longs voiles, Ta mouvante chevelure, Et tes ailes demi-closes Qui voltigent sur les roses !

Ô délices ! Je respire Tes divines tresses blondes ! Ta voix pure, cette lyre, Suit la vague sur les ondes,

Et, suave, les effleure, Comme un cygne qui se pleure !

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