Skip to content
1888

L'Écho de Paris

Théodore BANVILLE

Au son de l'or pur, au son Clair du fer, Le divin Paris fait son Bruit d'enfer.

Chez lui, tout le bien fleurit, Tout le mal Souffre ; il modèle et pétrit L'idéal.

Dans ce Paris, dans ce lieu Radieux Fait pour ravir le ciel bleu Et les Dieux,

Les femmes, aux blanches dents, Au talon Rose, semblent des lys dans Le vallon ;

Le poëte dans le vent Meurtrier Jette sa plainte en rêvant Au laurier,

Et l'ardent musicien, Plein d'effroi, Est comme l'Orphée ancien Qui fut roi.

Par le peintre et le sculpteur, Ce géant Le génie est le dompteur Du néant ;

L'esprit s'élance en un vol Svelte et fort, Plus hardi que Rivarol Et Chamfort ;

Le bon ouvrier, charmant Tout Ophir, Associe au diamant Le saphir,

Et pour orner les palais, Nos marteaux Sans trêve meurtrissent les Durs métaux.

Mon Paris, ivre d'amour Et de bruit, Ne s'arrête ni le jour Ni la nuit ;

C'est pourquoi ce grand charmeur Du réel Lance une immense rumeur Jusqu'au ciel.

Trompettes de Jéricho, Chants et cris, Luths et flûtes, c'est l'écho De Paris !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'Écho de Paris · Théodore BANVILLE · Poetry Cove