Fillette rose et fier bandit Et douces têtes blondes, Les petits enfants nous ont dit, Menant leurs folles rondes :
Nous voulons bien de beaux joujoux, Des Pierrots aux prunelles De turquoise, et des Chinois fous Et des Polichinelles ;
Et les bébés à l'air mutin Qui disent deux paroles, Et la cuisine du festin Avec ses casseroles ;
Nous voulons bien les vrais fusils Qu'on charge avec des balles, Et les Paillasses cramoisis Qui choquent leurs cymbales ;
Pour nous promener dans les bourgs Avec des escopettes, Nous voulons bien de vrais tambours Et de grandes trompettes ;
Nous voulons l'arbre aérien, Dont jamais rien ne bouge La frisure, et nous voulons bien Le village tout rouge ;
Nous voulons bien mettre d'aplomb Dans leurs poses classiques Les jolis régiments de plomb Que mènent des musiques ;
Nous voulons par des jeux nouveaux Réjouir nos cervelles ; Nous voulons bien les grands chevaux Avec leurs manivelles ;
Nous voulons des bonbons fondants, Et d'autres plus étranges Avec de la crème dedans, Qui sont faits pour les Anges ;
Et les animaux de sapin, Le Coq à l'air bravache, La Chèvre et le petit Lapin Et le Bœuf et la Vache ;
Nous voulons le Cerf et l'Élan, Et tout ce qui compose Nos étrennes du Jour de l'An, Où pour nous tout est rose ;
Donnez-nous les plus beaux joujoux, Les jardins, les garennes : Mais, ô petits parents, c'est nous Qui sommes vos étrennes !
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