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1842

IDOLÂTRIE

Théodore BANVILLE

Mètre divin, mètre de bonne race, Que nous rapporte un poëte nouveau, Toi qui jadis combattais pour Horace, Rhythme de Sappho !

Fais-moi fléchir la belle nymphe éprise Que je désire avec un doux émoi, Quoique son cœur pour Diane méprise Et Vénus et moi !

Car chaque nuit, les grâces, troupe nue, Viennent baiser, dans un céleste accord, Son chaste sein, lorsque cette ingénue Lydia s'endort.

Si folâtrant avec les chasseresses, Elle s'ébat dans vos flots querelleurs, Oh ! Faites-lui vos plus folles caresses, Naïades en pleurs !

Inspire-moi, toi qui portes la lyre, Toi dont le char devance l'aquilon, Des chants que brûle un amoureux délire, Phœbus Apollon !

Et toi, Cypris, veux-tu la prendre au piège ? Alors je t'offre avec un myrte vert Des tourtereaux plus blancs que n'est la neige Ou le lys ouvert !

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