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1884

Géométrie

Théodore BANVILLE

Nous voyons triompher la ligne. Sort, que de crimes tu perpètres ! Il est fini, le chant du cygne : La parole est aux géomètres.

Avec leurs airs patibulaires Et leurs tristes mines fatales, Force gens perpendiculaires Contemplent des horizontales.

Rose à la bouche purpurine, Montrant son petit museau, cèle A grand'peine que sa poitrine Est comme un triangle isocèle.

Paméla que le zéphyr baise, Et qui pâlit comme un succube Tout en devenant presque obèse, Offre le triste aspect d'un cube ;

Et cet homme à face pointue, Son Edgar, qui revient d'Ancône, L'œil funeste et l'âme abattue, A la tête en forme de cône.

Amour ! dieu des apothéoses Qui fends les cieux de ton vol d'aigle, Ton troupeau ressemble à ces choses Que font les compas et la règle.

Et les amoureux que tu cingles, Heureux de voir des différences Entre les femmes et les tringles, Admirent des circonférences.

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