Pailleron, ce vrai sage, Est donc, selon l'ancien Usage, Académicien !
Son discours, où tout sonne Comme l'or, n'a lésé Personne : Prodige malaisé !
Chez lui l'esprit abonde, Et s'il ravit et prit Le monde Que charme encor l'esprit,
C'est qu'avec sa folie Chantant sous le ciel bleu, Thalie Est toujours dans son jeu ;
Et tendrement folâtre, A l'Institut comme au Théâtre, La Nymphe au vert rameau,
Légère sur les planches, Lui sourit avec ses Dents blanches, Et le mène au succès.
C'est bien, Académie, D'avoir en ton giron, Ma mie, Accueilli Pailleron ;
Mais plus d'un, à cette heure, Pour vous brûle d'amour Et pleure. Madame, à qui le tour ?
Veuve souvent trompée, Ne poussez pas à bout Coppée, Ni le subtil About.
L'un célèbre (il est nôtre !) Marguerite au rouet, Mais l'autre Est un fils d'Arouet.
Sans qu'on vous morigène, Si le choix hasardeux Vous gêne, Prenez-les tous les deux.
Ah ! cette Académie, Dans son rêve indolent Blêmie ! Si l'homme est un volant,
Elle tient la raquette ! Être plus qu'il ne faut Coquette, Est son plus cher défaut.
Tenez ! voyez-la ! comme Elle jette, en riant, La pomme A qui va la priant !
Puis, montrant ses épaules, Vite, elle s'enfuit vers Les saules, Ses cheveux de travers.
Pourtant elle a beau geindre ! Si l'adroit amant sait L'atteindre, Sans demander qui c'est,
Et l'a prise et meurtrie, Quoiqu'elle entre en courroux Et crie : Pour qui me prenez-vous ?
Elle a beau se défendre Et conter son roman Si tendre, Et s'écrier : Maman !
Si l'amant, toujours ferme Et sachant tout oser, Lui ferme La bouche d'un baiser ;
La jeteuse de pomme Dit, en ouvrant ses bras : Cher homme, Fais ce que tu voudras !
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