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1875

Donec gratus…

Théodore BANVILLE

Quand tu m'aimais, quand nul Jouvin N'entourait de ses bras ton col souple et divin, Dame Critique, en ton commerce J'ai vécu radieux comme le shah de Perse.

Du temps que pour moi tu sonnais La trompe, sans songer à faire des sonnets, Non, Diane de Maufrigneuse Ne fut pas plus que moi superbe et dédaigneuse.

La nymphe qui pince du luth A présent me subjugue et pour moi donne l'ut ! C'est ma maîtresse, ma lionne : Qu'on ajoute mes jours aux siens, je les lui donne.

J'en dis autant pour Saint-Victor ! Il est pour moi Roland, Amadis, Galaor : Je voudrais, — ce désir me presse ! Donner ma part de jours au Wateau de La Presse.

Mais quoi ! puisque la foule a ri, Si je laissais enfin les vers à Soulary ? Si je te refaisais des phrases Où la topaze brille entre les chrysoprases ?

Ah ! quoique Paul de Saint-Victor Soit brillant comme Gaiffe à la crinière d'or, Et toi plus léger que des bulles De savon, je vivrais, je mourrais pour toi, — Jules !

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