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1846

Chanson de bateau

Théodore BANVILLE

Le canal endort ses flots, Ses échos, Et le zéphyr nous verse Des parfums purs et doux.

Le flot nous berce, Endormons-nous ! Les voix emplissent les airs De concerts,

Et le vent les disperse Avec nos baisers fous. Le flot nous berce, Endormons-nous !

En vain ton époux caduc, Comte ou duc, Se jette à la traverse De nos gais rendez-vous.

Le flot nous berce, Endormons-nous ! Ah ! que les cieux étoilés Soient voilés,

Tandis que je renverse Ton front sur mes genoux ! Le flot nous berce, Endormons-nous !

Qu'importe si, dans la nuit Qui s'enfuit, L'orage bouleverse Les éléments jaloux !

Le flot nous berce, Endormons-nous !

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