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1857

CHANSON.

Théodore BANVILLE

Ce roman-là, c'est la vie ! Que, sous le manteau des bois, L'âme et la lèvre ravie Vont épeler à la fois !

Dans leur humeur vagabonde, Barbe grise et tête blonde Le poursuivent tour à tour ! Il n'est qu'une histoire au monde,

C'est l'histoire de l'amour. Beau pays de la féerie, Que nul encor n'a trouvé, Doux Éden, terre fleurie,

Au moins nous t'avons rêvé ! Ô mes sœurs, ô filles d'Ève, Lorsqu'en mai frémit la sève, Quand le ciel sourit au jour,

Pour nous il n'est qu'un beau rêve, C'est le rêve de l'amour ! L'un sur sa lyre d'ivoire, Sous les feux de l'Orient,

Dit en vers sacrés la gloire Et son laurier verdoyant. Sous la pourpre ou la dentelle, L'autre chante, ô Praxitèle,

Ta déesse au fier contour : Mais la chanson immortelle C'est la chanson de l'amour.

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