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1873

Ballade pour une aux cheveux dorés

Théodore BANVILLE

Cypris comme toi, fleur d'amour, Eut cet adorable enjouement, Cette lèvre dont le contour M'attire comme un doux aimant,

Et tout ce resplendissement D'un incomparable trésor, Prunelles de clair diamant, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Tes cheveux, en chaque détour, Ont comme le bruissement Du flot bleu qui baigne la tour. En toi, pour des regards d'amant

Tout est le miracle charmant Que ton âme embellit encor, Roses, neiges, enchantement, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Et tout nous ravit tour à tour, Roses faites d'embrasement, Cheveux plus vermeils que le jour, Sein plus blanc que le pur froment,

Yeux profonds, qu'emplit fièrement De lumière, un profond décor D'étoiles et de firmament, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

O chère joie ! ô cher tourment ! Ma strophe au gracieux essor Mêle, en son éblouissement, Sourcils d'ébène et frisons d'or !

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