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1873

Ballade en l'honneur de sa Mie

Théodore BANVILLE

Je ne vois que marionnettes Comme celles de Fagotin. L'un est amoureux des planètes, Cet autre court dès le matin

Pour un bracelet florentin Ou pour un livre d'alchimie. Moi qui me fie à mon destin, Je ne veux du tout que ma mie.

On peut s'aller pendre aux sonnettes Pour obtenir un picotin ; — On peut débiter des sornettes Avec l'aplomb d'un libertin ;

On peut s'enivrer au festin ; On arrive à l'Académie Avec un livre clandestin ; Je ne veux du tout que ma mie.

Ils se pâment pour des nonnettes Qui font leur babil enfantin A la façon des serinettes. Pourvu qu'elles aient l'air mutin,

Des hommes de Romorantin Couvrent la plus sèche momie De diamants et de satins : Je ne veux du tout que ma mie.

Que Rothschild garde son butin, Leverrier son astronomie, Et monsieur Nisard son latin, Je ne veux du tout que ma mie.

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