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1873

Ballade de la joyeuse chanson du cor

Théodore BANVILLE

Ainsi qu'un orage tonnant A la voix des magiciens, Le cor éveille, en résonnant Sur les coteaux aériens,

Le chœur des vents musiciens. Sonnez, piqueurs galonnés d'or ! Parmi les aboiements des chiens Qu'il est joyeux le son du cor !

Dans le clair matin rayonnant, Plus d'ennuis et plus de liens Au bois sauvage et frissonnant Qui n'a que des loups pour gardiens !

Éclatez, cris olympiens, Encor ! Encor ! Encor ! Encor ! O chasseurs, francs bohémiens, Qu'il est joyeux le chant du cor !

Le soleil embrase, en tournant, Les gorges de ces monts anciens, Et l'on croit y voir maintenant Briller cent rubis indiens.

O sanglier géant, tu viens Tomber dans ce riche décor : Hurrah ! bons chiens patriciens ! Qu'il est joyeux le chant du cor !

Prince, les beaux tragédiens Que ces chiens au rapide essor, Et dans les vents éoliens Qu'il est joyeux le chant du cor !

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