Skip to content
1873

Ballade à la gloire du Lys

Théodore BANVILLE

Muse au front d'or, farouche Aganippide, Je chanterai le Lys, aux Dieux pareil, Le Lys charmant, le Lys au cœur splendide. Dès qu'il fleurit, la Nature en éveil,

Comme à son roi, lui demande conseil. Couche de nacre où s'éveille l'Aurore, Noble palais que bat la mer sonore, Blanc coudrier qui sait plaire à Phyllis,

Pommier en fleur qui de rayons se dore, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys. La nuit, au bord de la source limpide, Le Lys s'endort d'un superbe sommeil,

Près du flot bleu qui doucement se ride. Tel, en songeant, dort sous un dais vermeil Un roi d'Asie sous son riche appareil. Neige étendue aux rives du Bosphore,

Clair vêtement qu'un sein aigu colore, Temple de Tyr ou d'Héliopolis, Lotus divin dont le flot se décore, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

Tel, ô guerrière, ô blanche Tyndaride, Le sable est fier de baiser ton orteil, Le Lys joyeux, riant, de pleurs humide, Se dresse, orgueil du monde, à son réveil,

Et resplendit dans l'éclair du soleil. Perle gisant dans l'or du sable more, Urne que tient la svelte choéphore, Marbre vivant ciselé par Scyllis,

Nymphe au beau sein compagne du centaure, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys. Lys exalté, grande fleur, je t'adore. Cygne rêvant, contour pur de l'amphore,

Nuit d'argent, voile éthéré des willis, Col de Vénus, pieds nus de Terpsichore, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Ballade à la gloire du Lys · Théodore BANVILLE · Poetry Cove