Skip to content
1884

Ave

Théodore BANVILLE

Espoir des rêves flottants Dans l'hiver et le printemps, C'est en vain que tu diffères ; Et rien qu'en disant un : Oui,

L'Académie aujourd'hui Fera deux bonnes affaires. Jamais le frisson des bois Emplis de chants et de voix,

La terre de pleurs trempée Et les beaux couchants ardents N'ont mieux rayonné que dans Les vers de François Coppée.

Ce pâle enfant de Paris Dans les gais sentiers fleuris De l'églogue et dans le drame, Avec l'esprit et l'humour,

A gardé le chaste amour Et le respect de la femme. L'Académie a raison En cueillant la floraison

De son renom populaire, Et gagne à s'associer Ce poëte aux yeux d'acier Dont la prunelle est si claire.

Tout jeune à la Muse offert, Il a vécu, vu, souffert ; Il caresse un chant magique Et sait, par des mots vainqueurs,

Faire vibrer dans nos cœurs L'épouvantement tragique. Pour Ferdinand de Lesseps, C'est la pourpre, et non le reps,

Qu'il faut sous ses pas étendre. L'Orient au ciel de feu, Jadis, en eût fait un dieu, Comme il a fait d'Alexandre.

Car par les isthmes ouverts Il fait passer les flots verts ; Et ce Titan philosophe, Qui brave les cieux tonnants,

Déchire les continents Comme on déchire une étoffe. Il fait des flots ses vassaux ; Et pour le vol des vaisseaux

Délivrant la mer profonde, Sa grande Rébellion Met ses griffes de lion Sur la figure du monde.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Ave · Théodore BANVILLE · Poetry Cove