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1842

À MA MÈRE

Théodore BANVILLE

Ô ma mère, ce sont nos mères Dont les sourires triomphants Bercent nos premières chimères Dans nos premiers berceaux d'enfants.

Donc reçois, comme une promesse, Ce livre où coulent de mes vers Tous les espoirs de ma jeunesse, Comme l'eau des lys entr'ouverts !

Reçois ce livre, qui peut-être Sera muet pour l'avenir, Mais où tu verras apparaître Le vague et lointain souvenir

De mon enfance dépensée Dans un rêve triste ou moqueur, Fou, car il contient ma pensée, Chaste, car il contient mon cœur.

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