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1857

À DÉSIRÉE RONDEAU

Théodore BANVILLE

Rondeau charmant, où ma rime dorée Vient célébrer une femme adorée, Dis ses attraits dont s'affole chacun, Et ses cheveux pleins d'un si doux parfum,

Qu'eût enviés la Grèce au temps de Rhée. Dis les amours qui forment sa chambrée ; Et dis surtout à notre muse ambrée Que son éloge aurait mieux valu qu'un

Rondeau ! Dis qu'en son nid, si cher à Cythérée, Notre misère est souvent préférée Au sac d'écus d'un Mondor importun,

Et que toujours, pour le poëte à jeun S'ouvrent les bras charmants de Désirée Rondeau.

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